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▪ Et si c'est vous qu'on voulait dévorer ? ▪
 
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 Dans un battement d'ailes... [Nokosu]

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Amaya
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MessageSujet: Dans un battement d'ailes... [Nokosu]   Ven 1 Mai - 14:01

Le soleil se levait doucement sur la cité. Au salon de thé, tout était calme. Les Yokai présents s'étaient enfermés dans leurs appartements attendant que les premiers rayons disparaissent. Quant aux autres, ils restaient dans leur cellule faisant figure de chambre. Dans l'une d'elle, un papillon blanc somnolait encore un peu. Allongé sur sa couche de fortune, le corps reposait avec délicatesse. Sa chambre, si cela pouvait être appelé ainsi, ne possédait qu'une petite ouverture entravée de barreaux. De là, le chant des oiseaux lui parvenaient. Un soupir s'échappa de ses lèvres. Ses paupières se relevèrent. Des yeux rouges ourlés de cils blancs aussi blancs que la neige. Personne ne l'avait encore sermonné. Ne l'avait insulté en lui rappelant qu'il n'était qu'un métisse. Inférieur donc. La notion de race supérieure ou inférieure lui échappait totalement. Il ne comprenait pas pourquoi les gens s'enfermaient dans un tel système, ni qui l'avait inventé d'ailleurs. Son corps se redressa lentement. Son kimono glissa sur ses épaules. Ce n'était pas un kimono de la plus belle qualité. Bien au contraire mais il lui suffisait amplement pour accomplir ses tâches quotidiennes, sauf s'il était de service. Là, c'était différent. Ses mains frottèrent ses yeux alors qu'il laissait échapper quelques mots. Murmures doux à l'attention de Fuki. Tu sais, je n'ai pas envie d'aller travailler. Elle va encore me gronder et puis elle va aussi m'humilier devant les clients. Je ne suis qu'un bon à rien. Je le sais. Ses lèvres s'étirèrent dans un petit sourire contrit. Il avait envie de rester là. Dans cette cellule où les rayons du soleil se glissaient avec peine. De ne pas voir les autres. Tous ces inconnus qui lui faisaient peur.

Même s'il avait passé une bonne nuit, le sommeil ne s'était pas encore dissipé. Tout en se redressant, le rubis remonta un peu le tissu sur sa peau. Bientôt il devrait se changer pour le service. Ses pas le menèrent près de la porte en bois. Doucement, il la poussa et sa silhouette s'engouffra dans un couloir. D'autres personnes allaient et venaient avec des bassines en bois dans lesquelles de l'eau se trouvaient. Les autres membres du personnel se lavaient déjà en partie. Le matin, il ne s'agissait que d'une toilette légère. Pas le temps de faire plus, le salon ouvrait tôt. Amaya s'approcha d'un des bacs. Trempant ses mains dedans, il se rendit compte que l'eau était glacée. Pas le temps de la faire réchauffer sur les braises. S'ils travaillaient bien, ils pourraient peut-être aller aux sources d'eau chaude. Quoique ce luxe était surtout réservé à certaines personnes. Toilette de chat, le rubis contenta de nettoyer de son visage. Cela suffirait. Déjà la patronne, une Yokai autoritaire arrivait. Dans ses mains, les kimonos portés pour le service. L'attribution variait selon les semaines ou les jours. Elle aimait de temps en temps changer pour donner une impression de nouveauté. Le jeune aux cheveux de neige reçut un des vêtements. Si pour les autres, il s'agissait d'une excellente nouvelle, pour lui, c'était une catastrophe. Quand il devait faire le ménage, aider à l'arrière du bâtiment, nettoyer les services à thé, il n'avait pas besoin de parler aux autres. De leur sourire. De les écouter. Il pouvait rester dans sa bulle et parler à Fuki. Le rubis n'était pas sociable et cela ne le dérangeait pas.

Voyant qu'il ne se précipitait pas pour se changer, la patronne l'attrapa et lui colla une bonne gifle. Elle avait décrété que seule, la méthode forte avait un effet sur ces attardés, les métisses. Pas aussi intelligents que les sangs purs et pas aussi forts. Le rubis la reçut sans rien dire. Même pas un gémissement ou couinement. L'habitude. En silence, son corps s'inclina et il se retira dans sa cellule. Ôtant sa tenue de tous les jours, Ama passa l'autre kimono. Il passait d'un simple kimono en coton à un en soie. Le tissu glissait sur sa peau. Le contact était doux, rien à voir avec l'autre. Un des autres serveurs vint l'aider pour attacher sa ceinture et tous deux quittèrent la pièce. Dans la salle de service, les plateaux avaient été disposés. Chacun prit le sien. Leurs corps s'alignèrent et ils attendirent les premiers clients. En coeur, ils lancèrent un joyeux bienvenue. Les dames Yokai ne réagissaient cependant pas toutes comme la propriétaire des lieux. Certaines aimaient l'ambiguïté de ses traits et ne savaient s'il était un garçon très féminin ou une fille très masculine. Ce qui le sauvait d'ailleurs. Il fallait dire que sa silhouette n'avait rien à celles des jeunes filles. Petit à petit, le ballet commença et avec lui, la matinée. Les clients habituels défilaient. Parfois quelques marchands de passage dans la cité à qui les mérites du salon avaient été vantés.

L'heure du déjeuner arriva et le service changea le temps du repas. Cette alternance permettait aux premiers serveurs de pouvoir manger pendant que les autres les remplaçaient. Le repas ne durait jamais longtemps de toute façon. Pas plus d'une quinzaine de minutes. Il était composé de riz et de petits poissons ou de viande humaine bien entendu pour les Yokai. Ama profita de la présence du poisson pour manger un peu. Il était incapable de manger de la chair humaine. Pourtant certains de ses collègues lui en avaient vanté les mérites. Sa tendresse, son goût unique. Personne ne comprenait pourquoi il n'en mangeait pas. Autour de la table, cela ne parlait quasiment pas. Les regards étaient rivés sur la nourriture. Tous mangeaient rapidement sachant que leur temps était compté. Comme à son habitude, le Rubis finit dans les premiers et débarrassa ses affaires. Le début d'après-midi était bien plus calme et tous restaient dans le hall ou non loin. Amaya en profitait pour rester dans la cour intérieure. Ses yeux couraient sur le jardin. Un havre de paix loin de l'agitation de la ville. Des oiseaux venaient boire dans une petite coupelle. Un sourire illumina son visage alors que les volatiles approchaient en sa direction. Ils sont gentils, n'est-ce pas Fuki ? Oui, tu as raison ! Tu as vu comme ils sont beaux ? Très beaux ! Une de ses mains se tendit en direction des animaux et l'un d'eux vint se poser dessus.

Un des autres serveurs arriva et l'oiseau s'envola prenant sûrement peur. Ses lèvres dessinèrent une moue. Pourquoi fallait-il que quelqu'un vienne toujours au moment inopportun ? Le jeune yokai lui adressa un signe de tête pour qu'il se dépêche. Amaya se leva reprenant en main le plateau qu'il avait laissé à côté de lui. De l'excitation et de la nervosité se trouvaient dans l'air. Les guerriers de l'armée royale avaient été aperçus en ville. Peut-être viendraient-ils au salon ? Le Rubis ne comprenait pas ces comportements qu'il jugeait exagérés. Qu'est-ce que l'armée royale avait de si bien ? Cela le fatiguait. Il n'avait pas envie de s'incliner encore face à des clients, écouter leur complainte en silence. Tête baissée, il écouta les consignes. Il fallait prendre grand soin de ces hommes s'ils venaient. Ce n'était pas n'importe qui après tout. Ses paupières se baissèrent et il ne suivit les restes des recommandations que d'une oreille vague. Ses mèches laiteuses tombaient le long de son visage. La Yokai se mit à examiner chacun des serveurs vérifiant que tout était correct. Le jeune se trouvant à côté d'Amaya lui donna un coup de coude pour qu'il redresse la tête. Ce denier sursauta. Dans le mouvement de redressement, ses mains lâchèrent malencontreusement le plateau qui rencontra le sol. Il n'en fallait pas plus pour s'attirer les foudres de la propriétaire. Cette dernière fondit sur le rubis comme un aigle sur sa proie. Un reproche perça l'air et en tremblant Ama se pencha pour ramasser son plateau. Un pied vint se poser immédiatement sur ses doigts. Sans hésitation, elle appuya dessus les lui écrasant. Il serra les dents l'implorant en silence de le laisser. Face à l'absence de réaction visible, ses lèvres esquissèrent une moue dépitée et elle retira son pied. Allez dépêche-toi. Les clients ne vont pas tarder à revenir.

Cachant ses doigts meurtris, le rubis se redressa. Fuki, j'en ai marre. Mais tu n'as pas le choix. Tu n'as nul part où aller. Vrai. Il avait beau travailler au salon de thé, il ne connaissait rien de la cité. Il n'y connaissait personne alors il restait ici. Caché dans sa cellule ou dans le jardin, quand il n'y avait pas de travail à effectuer. Ama passa une main dans ses cheveux pour les arranger. Pourtant son air disait clairement, qu'il n'avait pas envie d'être là. Son sourire se voulait discret et même derrière ses lèvres faiblement étirées, il était facile de deviner qu'il se forçait. Des hommes entrèrent et tous les corps s'inclinèrent. Presque en même temps. Car comme à son habitude, le corps du rubis réagit dans les derniers. Il faisait tout pour ne pas se distinguer mais comme à chaque fois, il échouait. La patronne lui adressa un coup d'oeil noir et Amaya recula légèrement de sa rangée comme pour s'exclure du choix des serveurs mis à disposition. Sa tête se baissa un peu plus pendant que ses doigts s'agrippaient au rectangle en bois tenu dans ses mains. Ses paupières finirent par se fermer et seule, l'envie de disparaître le tenait. Des voix fortes se mirent à résonner dans la pièce. Le rubis sursauta mais ne redressa pas son visage. Il espérait juste se faire oublier. Les clients ne prenaient jamais ceux qui ne paraissaient pas à leur place. Les trop discrets étaient souvent jugés comme inutiles ou incompétents.

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Nokosu Tentei
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MessageSujet: Re: Dans un battement d'ailes... [Nokosu]   Lun 4 Mai - 7:35

Le ciel brillait d'une lueur qui se voulait trop bleu, beaucoup trop clair au goût du Yokai, qui avançait calmement parmi les siens. C'était une belle journée, on ne pouvait le nier et même les démons, semblaient se plaire par une température pareil. Les hommes riaient et se chamaillaient dans un sentiment de pure camaraderie, tantôt content, tantôt grincheux mais tous terminant avec un sourire content au visage. Aussi bien dire qu'il n'en fallait pas plus pour que Nokosu, le prince le plus grincheux du monde probablement, sois franchement agacé. Tous ses piaillements, ses rires et cette effusion d'hormone, ça aurait pu, ça aurait du, le rendre fou. Étonnamment d'ailleurs, il tenait le coup et se contentait de grogner tout bas alors que la bande d'homme avançait dans la forêt. Il fallait chasser comme toujours et bien que le prince n'ai pas à venir, son sang royal le dispensant de ce genre de travail, il était du nombre. Pourquoi? Parce qu'il en avait envie, pour mettre de la distance entre lui et la reine aussi, un homme n'est jamais trop sûr.

D'un bleu pure, l'horizon s'étendait à perte de vue. Étendue sur le dos, Nokosu le fixait avec un air qui n'avait rien de béat, plutôt quelque chose entre l'agacement et l'anticipation. Visiblement, le prince n'avait aucune envie de se remettre en route et c'est en grognant qu'il avait accueillis l'ombre que son général favoris laissait glisser sur le sol. Il était temps de se remettre en route, presque temps d'attaquer, il devait se bouger un peu le petit prince. Non pas que le prince sois un nain, il faut bien le spécifier mais parce que son général, avait tout d'un géant à ses côtés. L'homme se voulait grand, costaud et ses bras ressemblait presque au mont Fuji, immense et puissant, voir effrayant. On ne contestait pas ses ordres et lui, il ne contestait pas ceux du prince. C'était plutôt équitable si on y songeait et comme son subordonné, à l'allure impressionnante, faisait affaire directement avec leurs hommes, leurs guerriers, c'était encore mieux pour Nokosu, qui n'avait rien à voir avec les chefs sociable, prêt à tendre la main à leurs soldats. Dans son cas, il était davantage un tyran et à bien des endroits. L'exemple même du chef droit et froid, il exigeait plus qu'il ne donnait, donc pas la peine de chercher les compliments, ils mourraient dans sa gorge. Très peu de compassion aussi mais, parce qu'il devait au moins avoir une qualité, il savait se montrer responsable et de ses hommes, il l'était pleinement. Leurs bonne conduite et leur comportement abjecte, étaient tous endossé par le démon au sang royal. Il valait donc mieux se tenir correctement dans les rangs, sous peine d'être dévoré pour le dîner, ce qui n'était pas des occasions tellement rare.

Cela dit, c'était une belle journée, on ne pouvait le nier et même les démons savaient se plaire par une température pareille. Les hommes riaient et se chamaillaient dans un sentiment de pure camaraderie, tantôt content, tantôt grincheux mais terminant tous avec un sourire content au visage. Aussi bien dire qu'il n'en fallait pas plus pour que Nokosu, le prince le plus grincheux du monde selon plusieurs, en sois agacé. Tous ses piaillements, ses rires et cette effusion d'hormone, ça aurait pu et ça aurait du, le rendre fou. Étonnamment d'ailleurs, il tenait le coup et se contentait ainsi de grogner tout bas alors que la bande d'homme avançait dans la forêt, ayant finalement accepté de quitter sa couche de fortune et de se joindre au groupe, qui prenait le large. Il n'y avait rien de discret dans leur approche actuelle, seulement une bande d'homme s'amusant et profitant du soleil, une bande d'idiot en somme. La raison de leur venue en ses lieux? Il fallait chasser. Et bien que le prince n'ai pas à venir, son sang royal le dispensant de ce genre de travail plutôt réservé aux simples soldats, il était du nombre. Pourquoi? Parce qu'il en avait envie, pour mettre de la distance entre lui et la reine aussi, un homme n'est jamais trop sûr de lui. D'ailleurs, la chasse avait déjà commencé ce matin, ils avaient eu quelques chasseurs mais finalement, le petit groupe d'homme attrapé, avait à peine suffit à nourrir la petite bande d'une dizaine d'homme que les démons formaient. Voilà le grand défaut de ses chasses quotidiennes, les yokai mangeaient trop, ils avaient un appétit féroce, surtout les plus jeune et souvent, leur prisonniers finissaient dans leurs estomacs, avant même d'atteindre la cité. C'était embêtant mais bel et bien vrai. Donc, la chasse avait lieu jusqu'en fin d'après midi, avant le couché du soleil, parfois plus tôt, ses parfois là étant forcé par le prince, qui n'aimait pas tellement l'exposition prolongé à ses guerriers. Après tout, il restait de sang royal, les guerriers trouvaient cette réaction normal. Sans parler qu'il avait d'autre devoir auprès de leur reine.

Bien que le brun n'ai jamais rien eu de tellement imposant, sa carrure ne valant en rien celle de son général, debout juste à côté de lui, droit comme un piquet, la voix du chef de l'armée yokai savait imposé le respect. Le timbre de sa voix se voulait à la fois grave et suave, d'une mélodie purement masculine et le trémolos de sa voix dégageait quelque chose de puissant: de la confiance. On ne pouvait pas revenir sur les ordres donnés, c'était aussi simple que ça et bientôt, le petit groupe se taisait, suivant l'ordre lancé. Le général semblait satisfait, lui étant capable d'apprécier ses guerriers et leur obéissance toute naturelle au mâle alpha les dirigeant. D'ailleurs, s'il se trouvait à être le favoris du prince, ce n'était pas sans raison, il avait toujours su bien se tenir et quelque part, il avait gagner l'affection, parce qu'elle existait quelque part dans le démon grincheux qu'était Nokosu, tout naturellement du prince. Il était un peu le substitut de son défunt père, un homme sur qui celui qui aurait du être roi, pouvait se poser.

Levant donc une main, afin de calmer les esprits agités qui l'entourait, le jeune chef avança doucement à travers l'attroupement qu'ils formaient. Souple, il se savait capable de se déplacer dans l'intense végétation sans faire frémir plus de branche qu'il ne le fallait et bientôt, il les apercevait. Un autre petit groupe de chasseur probablement, peut-être des voyageurs. Dans tous les cas, ils étaient armé, pas nécessairement capable de se battre, sûrement pas capable de résister à une petite bande de démon mais ce n'était pas une raison pour se ruer sur eux sans réfléchir. Derrière lui, quelques hommes s'excitaient, les plus jeunes probablement, ceux que la faim ne quittait jamais et Nokosu grogna. Pas l'un de ses petits grognements d'agacement mais un rugissement cette fois, tiré du plus profond de son être. Attention, le premier qui se jetterait sur les hommes sans attendre le signal, il lui arracherait la tête. On se calmait déjà et le rire étouffé de son général lui parvenait, soutirant un demi sourire au prince. Bientôt les branches frémissaient, les hommes entourant le petit groupe d'humain, qui ne semblaient se douter de rien, qui l'auraient fait d'ailleurs. On attend le signal. Main sur leurs armes, un simple glapissement fut lancé avant que les dix hommes aux yeux vermeilles ne se jettent sur leurs proies.

Des cris dans la forêt silencieuse. Le retour du silence. Un bruit immonde de succion, de claquement de mâchoire puis, un autre cris. Il était temps de rentrer, de ramener leur lot. Pas la peine de lancer de regard noir au prince, qui venait de frapper avec force l'un de ses hommes, celui-ci ayant l'appétit trop féroce, Nokosu ne flancherait pas. Il n'avait jamais montré de compassion, on ne lui en demandait donc jamais. Le dit homme suivait donc le groupe, tout à l'arrière, cherchant à savoir s'il était en colère ou mort de honte, son comportement ayant attiré les foudres de son chef ultime. On l'avait dispensé de porter un corps, puisqu'il ne savait pas se tenir et les neuf autres hommes, le prince compris, portaient les onze corps sans mal. Leurs deux supérieurs ouvraient la route, chacun portant deux hommes sur leurs épaules et il était étonnant de constater à quel point le prince, avec ses épaules plus étroites que celle de son favoris, se déplaçait sans mal, deux hommes plutôt bien portant, sur le dos.

Dès que ses pieds eurent franchis le seuil de la cité, les bras du prince furent débarrassé des deux corps mutilé. Pas encore des carcasses par leur faible pouls mais pas non plus considéré comme encore vivant, les deux hommes furent porté par d'autres hommes. Le fruit de leur petite partie de chasse, qui n'aurait finalement durée que quelques heures, assez pour leur faire raté le dîner, allait être mis à l'abri. Jetant un coup d'oeil à ses vêtements, Noko soupira. C'était amusant la chasse mais terriblement salissant. Aussi, il tournait déjà en direction du palais lorsqu'il entendit son subordonné préféré le siffler. Un seul coup d'oeil lui fut envoyé, à la fois curieux et agacé. Il n'était pas un chien tien! Mais le général souriait joyeusement et lui faisait signe de le suivre. Hors, si Nokosu n'était pas du genre à suivre pour autant, la bonne humeur du groupe avait su le gagner quelque part, très loin en lui tien et il se contenta de soupirer pour finalement leur emboîter le pas. Le reste des hommes ne semblaient pas tellement conscient de sa présence et se contentait de piailler à nouveau, forts heureux de pouvoir aller manger. Mais ou iraient-ils hein?! Déjà on parlait du Umai hitobito, le restaurant. Pourtant, l'air distant que le prince affichait, ne semblait pas fléchir à cette idée, ses yeux rouge se prélassant sur les petites échoppes décorant la cité. Puis, il s'arrêta net, ses yeux ayant capté quelque chose d'intéressant.

Immobile, la tête tourné vers la droite, il fixait le salon de thé. On ne le connaissait pas vraiment comme un grand amateur de thé mais on savait bien qu'il aimait la solitude et de ce fait, appréciait cet endroit. Aussi, la plupart de ses hommes se contentèrent de le laisser à ses songes et de continuer le chemin, le boudeur ayant finalement décidé qu'il avait honte, leur emboîtant le pas. Le général semblait hésité mais après avoir posé une paluche sur l'épaule de son supérieur, avait lancé joyeusement qu'il suivrait ses hommes, que le prince pouvait aller se reposer tranquillement au salon de thé. Aussi bien dire qu'il s'agissait d'un choix purement féminin à ses yeux mais ça, Nokosu s'en fichait royalement et c'était peu dire. Approchant du salon de thé sans plus attendre, il ouvrit la porte alors que ses hommes passaient leur chemin, leurs éclats de rire se faufilant dans le salon, rugissement heureux et purement masculin.

La porte se referma derrière lui et les yeux braqué sur un petit homme, le prince avança. On le connaissait bien ici, quand Nokosu avait besoin de calme et de s'évader de son palais, il venait ici. Souvent. Les yeux légèrement plissé, visiblement intéressé, il avança avec cette même agilité impressionnante et rejoignit la lignée d'employé. On aurait pu les prendre pour un appétissant étalage de nourriture au marché, aligné avec attention, dégageant tous un fumet des plus délicat. Délicieuse vision, appétissante présence, le prince ne les étudia pourtant pas du regard, lorsque la voix de la patronne lui lança respectueusement de choisir celui qui lui plaisait, ceux qu'il voulait même. Après tout, le prince pouvait bien exiger plus d'une personne pour le servir, elle comprendrait. Mais le choix était déjà fait dans la tête du bel homme et sans plus attendre, comme s'il n'avait pas même entendue la femme, il se retrouva devant un petit homme aux cheveux blanc, la tête penchée vers le sol, légèrement reculé du groupe. L'une de ses mains, recouverte d'un peu de terre, s'avança pour attraper le menton de la petite chose craintive qui se tenait bien droite, courbant l'échine, ses mains agrippant avec force son plateau. Leurs regards se croisèrent alors, celui foncé du prince se voulant curieux et celui du petit rubis, plus claire, ayant ce quelque chose d'étrange. Craintif et à la fois distant, comme si son esprit n'était pas complètement présent, flottant quelque part ailleurs.

« Son nom? »

Il ne s'adressait pas plus à la patronne qu'aux autres serveurs, qui avaient du mal à ne pas regarder la scène étrange qui se jouait. N'attendant pas que la femme lui réponde, un mince sourire ourla le coin gauche de la bouche du prince à l'oeil droit de bandé. Maintenant le menton entre deux de ses doigts, il le relâcha doucement et reculant d'un pas, il effleura la femme des yeux, avant de ne déjà se diriger de son propre chef vers le fond du salon, gagnant une petite pièce fermée, sa favorite, sans attendre la permission. Mais avant de ce faire, lorsque son oeil avait effleuré la femme, quelques mots avaient été soufflé à son intention. Ferme et sans appel.

« Ce sera Amaya donc. »

Retirant les sai de la ceinture de son kimono, il les déposa sur la petite table basse qui décorait le milieu de la pièce. Attendant qu'on lui envoie le petit rubis, le prince prit tout son temps pour détacher le haut de son kimono, sa poitrine finement sculpté jouant avec les reflets discret du soleil, les rideaux de la pièce ayant été tiré un minimum. Il n'aimait pas particulièrement la lumière vive, ne l'avait jamais fait et ne comptait pas le faire prochainement. Se laissant tomber contre l'une des parois de la petite pièce, il soupira alors qu'il relevait l'une de ses jambes, le genou levé vers le ciel, son autre jambe étant ramené plus près de son corps alors qu'il sortait l'un de ses bras de son kimono. Il aimait avoir un bras libre de mouvement, la fraîcheur de la pièce s'attaquant à sa peau, le soulageant. Les yeux clos, il souffla doucement. La solitude, c'était quelque chose de doux et de pesant à la fois, dans son cas du moins et bientôt, un bruit diffus lui annonça l'arrivée du jeune rubis. Son oeil gauche s'ouvrit alors, suivant la tête couleur neige, qui approchait. Il se demandait ce qu'il faisait là hein? Il n'en avait probablement aucune envie et le yokai esquissa un petit sourire, ses yeux captivé par la silhouette menue, voir trop délicate, du petit homme qui se déplaçait avec efficacité et un brin de maladresse, qu'il attribuait à sa faiblesse physique, dans la pièce.

La patronne connaissait ses goûts, le thé au goût légèrement sucré lui avait toujours plu et les effluves qu'apportaient le plateau porté par le rubis, laissant comprendre qu'il s'agissait de thé à l'orange. Le même sourire à la bouche, n'avançant pas un instant pour prendre ses aises sur l'un des confortables coussins posé devant la table, le prince attendait. Captivé, complètement charmé, il ne savait pas ce qu'il faisait à zyeuter ainsi un rubis mais quelque chose remuait en lui, le suppliant de ne pas cesser. Se voulant faible, il écoutait la voix, suivant Amaya des yeux. Joli nom, quelque chose d'unique, comme ses cheveux neigeux. Comme du sucre. Aussi sucré? Peut-être. Il avait bien envie de goûter mais ce regard rouge clair s'entêtait à ne pas vouloir le croiser. Timide ou prudent? Peut-être les deux. C'est ce moment qu'il choisit donc pour laisser sa voix, plus douce qu'à l'habitude, glisser dans la pièce.

« À l'orange... hum? Je vois qu'elle pense à tout. Pourtant, ce n'est pas tellement le thé qui m'a attiré ici... »

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Amaya
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MessageSujet: Re: Dans un battement d'ailes... [Nokosu]   Ven 15 Mai - 3:44

Une erreur, voilà ce qu'il avait fait. Celle de croire qu'il passerait inaperçu. Ceci, Amaya le comprit en entendant les pas approchés de lui. Comme à son habitude, la patronne avait dit clairement que l'invité pouvait prendre les serveurs qu'il souhaitait. Elle agissait toujours ainsi lorsqu'un hôte important se présentait. Généralement, le choix était déjà fait avant d'arriver à lui par conséquent il échappait au service de masse. Au fond de lui, il espérait que ce soit encore le cas mais le cours de choses préféra un autre dénouement. Une main sale apparut dans son champ de vision. De la terre ? Qu'est-ce que cet homme venait de faire ? Ses paupières clignèrent un instant sous la surprise et son regard se planta dans celui du yokai. Silencieux, ses doigts se refermèrent davantage sur le bois. Jamais une telle attention ne lui était accordée. Ama était tendu. Très tendu. S'il avait pu, il aurait fui immédiatement dans sa cellule. Hélas, la patronne n'aurait définitivement pas apprécié ce geste de sa part. Fuki, il ne va pas me choisir, hein ? S'il te plait Fuki, dis-moi que je rêve. Que je me trompe Et voilà que l'homme demandait son nom. Ses yeux s'écarquillèrent comme conscients de ce que cela signifiait. Ses lèvres s'entrouvrirent légèrement cependant aucun son n'en sortit. Ce n'était pas lui à de répondre. La question ne lui était pas adressée, il le savait.

Mais personne n'avait l'impression que cette question méritait une réponse. Personne n'osait prendre la parole. Personne n'osait croire à la réalité de cette scène. Ils devaient tous rêver. La patronne espérait que le prince n'était pas sérieux mais il le semblait bel et bien. Elle était prête à lui dire de choisir quelqu'un d'autre mais qui osait défier le prince ? En fait, tout le monde devait savoir qui était cet homme... Sauf Amaya. Ou peut-être avait-il su ? Il ne prêtait jamais attention aux clients cependant il était aussi fort possible que cet homme soit venu alors qu'il n'était pas dans la salle. Ses yeux se plissèrent légèrement sous le sourire. Qu'y avait-il d'amusant ? Intrigué et soucieux, il recula d'un pas lorsque l'homme le relâcha. Sous les regards médusés, des paroles avaient été échangées entre la patronne et le prince. Les serveurs s'étaient mis à discrètement parler entre eux se demandant pourquoi le jeune rubis avait été choisi. Qu'avait-il de plus que les autres ? Rien. Rien Fuki, je n'ai rien de plus. Immobile, accusant le coup, ses yeux rouges fixaient le sol. La patronne roula des yeux et intima l'ordre de préparer du thé à l'orange. Tout le personnel sursauta comme s'ils avaient été tous plongés dans ce même rêve. Elle, elle tempêtait. Pourquoi avait-il choisi un incapable ? Amaya se posait la question à vrai dire. Mais il ne disait rien aidant à la préparation du thé en silence.

Le plateau fut dressé et bientôt, il dut partir en direction de la salle. Ama ne s'aventurait jamais du côté des salles privées. Seuls, les clients importants y allaient et personne ne l'avait jamais auparavant. Timidement, il s'accroupit par terre. Ses mains firent glisser la porte, elles se saisirent du plateau qu'elles passèrent dans la pièce. Son corps suivit le même mouvement et il referma la porte derrière lui. Prenant bien soin de ne pas croiser une seule fois, le regard du yokai, il s'avança. La théière et la tasse prirent place sur la table. Le rubis redressa les manches de son kimono dévoilant des bras fins et servit avec attention le client. L'objet fut reposé alors qu'un simple son s'échappa de sa bouche aux paroles du prince.

« - Ah ?  »


Son visage ne chercha pas tellement le contact mais sa voix trahissait toute sa peur. Avoir confiance en un yokai ? Et puis quoi encore ? Sa mère lui avait dit qu'ils étaient fourbes et naturellement mauvais. S'ils se montraient doux, c'était dans l'unique but de piéger. Bien qu'il était intrigué, le rubis fit preuve de réserve. Ses doigts trituraient nerveusement les pans de son kimono comme pour se débarrasser des mauvaises sensations qui parcouraient son corps. Il voulait, non il devait s'échapper le plus vite possible de cette pièce. Respectueusement, le jeune homme s'inclina. Il n'avait pas envie d'entendre une réponse développée de la part de l'homme en face de lui. On lui avait dit que c'était un prince yokai. La précision était tombée alors que la patronne lui avait donné l'ordre de bien se tenir. Un prince devait avoir un appétit monstrueux, n'est-ce pas ? Son coeur tressaillit à cette pensées. Le rubis déglutit péniblement et souffla tout en fixant le sol.

« - Je.. Je vais vous laisser. Je serais derrière la porte si vous avez besoin de quelque chose. »

Déjà son corps esquissait un mouvement de recul pour s'approcher de la porte.

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MessageSujet: Re: Dans un battement d'ailes... [Nokosu]   Lun 18 Mai - 13:25

Il n'avait aucune envie d'être là, enfin c'est ce que Nokosu en déduisait alors qu'il détaillait le petit homme qui s'était accroupis devant la table. Son corps était délicatement tendue, comme une corde trop tiré, prête à rompre à tout moment. En silence ou dans un bruit sec? C'était une question inutile et bien peu importante et pourtant, il se la posait, son oeil gauche se plissant doucement alors qu'il écoutait la simple réponse du jeune rubis. Ah. Pas un seul instant, et Nokosu y fit particulièrement attention d'ailleurs, son regard ne croisa le sien. Le thé fut versé avec habileté dans la tasse, les bras blanc jouant avec la lumière tamisé de la petite pièce et le yokai se décida enfin à soupirer. Le timbre de voix de la petite créature qui le servait en ce moment, trahissait toute sa crainte, mal contrôlé d'ailleurs, à son encontre. Qui pourrait lui en vouloir pourtant, les accidents n'étaient pas rare ici. Nous ne parlons bien entendue pas d'accident simple comme la perte de quelques couverts, la porcelaine se rachète mais bien de démon prenant le personnel du salon pour leur repas. Il y avait toujours une dette exigé en retour mais ce genre d'incident arrivait plus souvent qu'on ne voulait bien l'avouer. Ce que Amaya ne savait pas, c'est qu'il devait être en présence de l'homme le moins dangereux de la cité. Le prince avait en horreur de manger ailleurs, c'était au palais ou encore, sur un champ de bataille, faute de faire mieux. Dévorer les membres du personnels d'une maison de thé, très peu pour lui. Quoi qu'en ce moment, les bras blanc, plus délicat que ceux d'une femme, lui faisait plutôt envie.

Un sourire ourla de nouveau le coin de sa bouche, le droit se redressant étrangement. Avait-il de l'appétit? Non, il avait déjà manger mais une autre faim vorace se faisait ressentir. Cette voix, il en voulait davantage. Les doigts pâle se mirent à jouer avec le tissus du kimono et le prince se mit à rire tout bas. Quel être intéressant il faisait, ce petit esclave. Pourtant, Noko se connaissait des goûts plus raffinés que celui des esclaves. Le petit avait probablement droit à une rapide toilette chaque matin, un long bain tous les trois ou quatre jours? Il ne brillait donc pas comme un sous neuf et c'était justement le truc qu'il fallait pour que Nokosu ai envie de poser ses paluches sur les autres. En ce moment, pourtant, il n'en avait absolument rien à faire. Le petit aurait arborer quelques traces de terre ici et là, qu'il aurait quand même eu envie de promener sa langue sur lui. Après tout, lui-même n'était pas un modèle de propreté en ce moment. Les mains recouvertes de terre sèche, mélangé à du sang qui plus est, il aurait du se laver les mains. Regrettant à moitié ce manquement, il lacha un petit grognement, ses yeux se détachant enfin de la silhouette plutôt menue, jetant toute son attention sur ses mains ingrate.

La voix, joli tintement de grelot dans son esprit yokai, le fit toutefois redresser la tête, capturant toute son attention. Derrière la porte? Le rubis semblait croire que le prince accepterait de le laisser filer. Il n'avait pas encore dit clairement ce qu'il attendait de lui, qu'il désirait sa compagnie mais ça ne saurait tarder. Nokosu n'avait jamais été patient, il était un homme honnête cela dit et il savait dire ce qu'il pensait, il ne s'en cachait pas. C'était donc le moment de se montrer sérieux et de donner ses ordres au jeune rubis. Personne ne sortirait de cette pièce. Sa voix retentit alors dans la pièce, douce et ferme à la voix, le timbre se voulant caressant mais sévère. Le prince était une contradiction en ce moment, tout ce qui se trouvait dans cette pièce et les émotions qui en découlait, l'était tout autant.

« Reste! J'ai passé la journée avec des hommes bruyant, j'aimerais une compagnie plus discrète, plus... agréable. »

Son oeil rouge fixait avec attention celui du petit homme aux cheveux de sucre. C'était un caprice de prince mais qu'en pensait-il? Un sourire se dessina sur sa bouche, celui de plus tôt, s'étant envolé lors de ses quelques paroles. Il n'avait pas le choix de toute façon, hm? L'attaque du démon était en ordre, elle suivait un plan simple et incontournable. Le client était roi, il le savait bien et vicieux, il l'utilisait comme arme. Son corps se pencha alors vers l'avant, son oeil libre apercevant à peine les frémissements échappé par le petit corps. Attrapant simplement sa tasse de thé, il en but une longue gorgée et la reposa alors sur la table, son dos retrouvant rapidement le confort du mur qu'il utilisait comme appuis confortable. Un autre soupir lui échappa et finalement, il décida de son propre chef, de retirer son cache-oeil, la bande de tissus noir étant posé simplement au sol. Il garda pourtant son oeil droit fermé, son gauche guettant les réactions du serveur. Tout ça se voulait plutôt intéressant, voir amusant et levant sa main, celle appartenant au bras droit, qu'il avait libéré de son kimono, il fit signe au petit rubis d'approcher.

« Approche un peu... Tu sens terriblement bon tu sais... »

Il ne mentait pas, le petit bout de sucre qu'on lui avait offert pour le servir, sentait réellement bon. Des effluves délicates s'échappait de ses cheveux, de sa peau aussi selon lui. Son odorat n'avait rien à envier à celui des animaux, il le savait et l'envie de glisser son nez sur la peau blanche, délicate, le tentait particulièrement. Cependant, il se garderait bien de le faire, histoire de ne pas faire fuir la pauvre créature qui hésitait à l'approcher. Non, en fait, Amaya n'en avait aucune envie, encore. Riant tout bas, Nokosu redressa un peu le menton et là, son oeil droit s'ouvrit doucement, la pupille noir le fixant, non en fait, elle le transperçait. D'une voix plus douce, presque gentille, le sourire aux lèvres, il parla plus bas, son bras retombant sur le sol, la main ouverte vers le plafond.

« Je ne te ferais pas de mal, Amaya. N'ai pas peur. »

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MessageSujet: Re: Dans un battement d'ailes... [Nokosu]   Sam 1 Aoû - 13:49

" - Je ne sais pas si j'ai le droit... "

Ou l'envie à vrai dire mais pas seulement. Des fois, la patronne refusait strictement que les employés restent avec des clients. Elle répétait que son établissement était une bonne maison et que ce genre d'attitudes porterait à confusion. Amaya avait du mal à comprendre pourquoi mais si elle disait qu'il ne fallait pas faire cela, il obéissait. Ainsi était le rubis. D'une docilité accablante pour certains, d'une prudence avertie pour d'autres. Mais il n'aimait tout simplement pas se faire remarquer et la meilleure des solutions restait de suivre ce qui était dicté. Cependant un dilemme se posait à lui. Il servait un homme important et son employeur ne cessait de rappeler qu'il fallait choyer ces clients-là. Alors que faire ? Ses doigts se mirent à triturer nerveusement le tissu de son kimono. Deux choix se dressaient devant lui et son esprit évaluait toutes les possibilités. Un : il refusait, le client se plaignait auprès de sa supérieur et cette dernière lui faisait des reproches. Deux : il acceptait et son employeur critiquait son incapacité à suivre des consignes. Dans les deux cas, rien de bon ne lui arrivait. Perdu dans ses pensées, Ama ne fit pas tellement attention à l'homme. Pourtant n'aurait-il pas du se sentir observé ? Sa tête pencha doucement sur le côté alors que ses yeux couraient le long des rais de lumières. Le soleil réchauffait doucement les corps à l'extérieur et lui n'était qu'un oiseau en cage. Ses phalanges relâchaient petit à petit leur emprise sur le tissu à mesure que le rubis songeait à autre chose. Comme à son habitude.

Cependant la voix du Yokai lui rappela bien vite sa situation. Le travail. Sa tête se redressa et ses yeux se posèrent sur la main tendue. Il n'était aucunement rassuré, évidemment. Prendre la main d'un de ces êtres revenait à vous jeter dans les toiles d'une Veuve noire. Le rubis avait beau ne pas être le plus futé, il possédait un instinct de survie qui tendait à rendre muet sa conscience professionnelle. Son regard glissa vers le cache-oeil et repartit en direction du visage du prince. Pourquoi avait-il retiré cela ? Est-ce que cela le gênait ? Il ne put s'empêcher de se dire que le tissu grattait probablement avec la chaleur et que le port en était donc relativement inconfortable. Mais pourquoi le portait-il ? Avait-il perdu un oeil ? Ses collègues, compagnons de fortune, lui avaient dit que c'était commun de perdre quelque chose pour un guerrier. Alors pour un prince guerrier. Son esprit revint arrière délaissant ses pensées du moment, malgré le compliment soufflé par l'homme, il n'avait pas bougé. Sentir bon ? Sentait-il réellement bon ? Sans réfléchir, il renifla le dos de sa main. La seule odeur qui en émanait était celle du produit qu'il utilisait chaque matin pour se laver. Un produit que tout le monde utilisait à vrai dire. Pour Amaya, ce parfum était identique à celui de ses collègues. Le prince devait sûrement se tromper ou alors il n'avait pas l'habitude de l'odeur du peuple.

Le Yokai devait sûrement avoir à sa disposition une quantité prodigieuse de parfums ou d'onguents. Les artisans pouvaient même fabriquer des crèmes à partir de n'importe quelle matière première, du moins était-ce les paroles d'un autre serveur. Ama n'y connaissait trop rien et se contentait d'acquiescer la tête. Cela le dépassait tellement qu'il aurait été en peine de contredire l'autre esclave. Pensif, le rubis observa son client. Son corps fut saisi en voyant l'oeil droit s'ouvrir. La terreur l'envahissait. L'attitude de l'homme et l'entrée en scène de cet oeil n'avait rien de rassurant. Toutefois, il ne pouvait quitter la pièce en courant. Quand bien même, il n'en aurait été incapable. Ses membres paralysés par la peur ne manifestaient aucune envie de se mouvoir. Il lui fallut un petit moment avant de se glisser auprès de l'homme. Son kimono récupérait au passage, un peu Tête baissée, le petit essayait de se concentrer sur le jardin et le chant des oiseaux, davantage perçu en tendant l'oreille.

" - Vous... en êtes sur ? "

Les mots s'étaient échappés sur un ton involontairement sceptique et Amaya n'avait pas cherché à les retenir. Les Yokai avaient leur réputation et entendre l'un d'eux dire qu'il ne vous ferait pas mal, revenait à entendre la meilleure plaisanterie de l'année. Ces êtres sont mauvais. C'est ainsi. Voilà ce que sa mère lui avait souvent répété. D'ailleurs, elle n'avait cessé de clamer que si son père ne le dévorait pas, cela signifiait qu'il avait de la chance. En avait-il réellement ? Peut-être que son étoile n'était pas si mauvaise que ça. Trop féminin pour donner envie aux femmes de faire de lui un jouet et les hommes ne supportaient pas tellement l'ambiguïté de son apparence. Quant à sa mère, elle avait toujours raffolé de son physique, qui d'après elle, le protégeait. Mais aujourd'hui, le rubis en doutait fortement. Ses doigts s'entrecroisèrent alors qu'il vérifiait le contenu de la tasse. Le prince n'avait pas assez bu pour qu'il la remplisse à nouveau. Il ne fallait jamais laisser un client sans boisson, c'était une règle d'or. Un silence s'installait lentement et il était particulièrement gênant. Pas que le petit homme détestait le calme mais il se devait de porter à un minimum d'attention à l'individu se trouvant non loin de lui. Son regard vint rencontrer les armes. Un frisson le parcourut à l'idée que cela pouvait pourfendre un corps. Bien sur, il était trop délicat et trop craintif pour approuver un quelconque combat. De toute façon, son aversion pour le sang aurait rendu la chose bien difficile. Sans parler que son physique n'avait rien du guerrier.

Oubliant sa peur, ou plutôt laissant la curiosité le gagner, il se permit d'observer à nouveau le prince. Bel homme à vrai dire. Amaya était du genre à apprécier la beauté sans arrière-pensées ou désirs. D'ailleurs, les autres membres du personnel avaient abandonné les allusions aussi douteuses que salaces en voyant le manque de réaction de la part du rubis. Il ne comprenait pas et il n'avait aucun intérêt pour le plaisir de la chaire. Ce qui lui permettait d'être encore en vie selon sa patronne.

" - Le combat fut rude ? "

Devait-il faire la conversation ? Il en doutait fortement mais il ne savait quoi dire et les armes hantaient une partie de son esprit. Cependant, l'esclave prit soin de ne pas regarder son interlocuteur. Cet oeil, définitivement, le mettait mal à l'aise. Ses lèvres essayèrent de dessiner un sourire... Qui paraissait évidemment bien trop forcé.

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MessageSujet: Re: Dans un battement d'ailes... [Nokosu]   Mer 9 Sep - 14:50

Il avait vue juste, le petit être qu’il avait choisit comme compagnon, avait quelque chose de particulier. Nokosu n’aurait pas osé dire qu’il n’était pas normal, après tout n’était-il pas lui-même un démon? Mais quelque chose clochait dans cette adorable petite tête. Certain de ses hommes auraient été assez bête pour dire qu’il était attardé mais le prince n’était pas d’accord. Le fixant avec intérêt, il regarda la gamme d’émotion, plutôt limité semblait-il, passé sur son joli minois et se contenta de sourire. Son œil noir le fixait, intéressé au plus haut point. Il avait une âme pure, ça c’était rare, rien ne sortait différemment, pas de petite voix vicieuse en fond sonore, pas de visage répugnant flottant sur son air angélique. Une âme pure. C’était impressionnant, très impressionnant et le prince guerrier se trouvait complètement intrigué par sa simple présence.

La conversation n’avait jamais été son fort et le petit homme blond pâle ne semblait pas prêt de le lui reprocher, ce qui lui plut encore bien davantage. Le silence n’avait rien de gênant, Nokosu aurait été le premier à vous le dire et en ce moment même, il en profitait pleinement. Mais ce n’est pas parce que le prince ne disait rien, qu’il ne pensait pas et en ce moment, c’était surtout ce que ses yeux voyaient, qui lui flottait dans l’esprit. Amaya était d’une beauté innocente, qui le captivait pour l’instant. Ou était passé le cruel guerrier? Il était assis là, sauf que la guerre, ça ne dure pas éternellement et qu’il faut savoir reprendre un état calme, ça il savait le faire. Les gestes du jeune homme avaient quelque chose de maladroit et de nerveux, tout en étant d’une grâce impressionnante. On devait avoir du mal à savoir de quel sexe il était non? D’ailleurs, était-il homme ou femme? Nokosu n’avait pas demandé. Le détaillant encore un peu, ne daignant pas regarder le thé, qui attendait sagement, il conclut qu’il ne saurait pas avant de lui retirer son kimono. Il comptait donc le faire?

« Je n’ai pas pour habitude de mentir. Approche que je te dis. »

Ça avait le mérite d’être clair au moins. Viens, je ne te mangerais pas, il n’en voyait pas l’intérêt et puis, il venait tout juste de se remplir la panse, il n’était pas aussi glouton que ça. Et puis, il avait beau être un démon, il savait se tenir. Hors, la réputation du prince yokai n’avait rien à voir avec celle de certains de ses commandants. Au combat, il était couvert d’éloge, mais en cruauté facile, il gagnait facilement zéro. Pourquoi? Parce qu’il n’était pas aussi vicieux que la reine, sa sœur. Ses hommes avaient été déçue au départ, il ne fallait pas mentir mais avec le temps, on avait compris que le meneur de l’armée yokai, n’aimait simplement pas perdre son temps, s’épuisé pour rien n’étant pas dans ses habitudes. Donc, manger un serveur de thé, ce n’était encore jamais arrivé à Nokosu et il ne comptait pas commencé. Ne quittant pas le jeune homme des yeux, il le vit approcher et le coin droit de sa bouche, s’ourla d’un sourire amusé. Satisfait votre majesté? Oui, quand même.

« J’ai déjà mangé, petit rubis. Tu n’a rien à craindre. »

Pour le moment du moins, parce que son odeur intéressais vraiment le prince, qui sentait ses sens se mettre en alerte. Il repoussa pourtant cette envie de casser la croute, à moins que ce ne sois autre chose, quelque chose de plus sensuelle. Enfin, non, voilà tout. Se secouant un peu, reprenant un peu de thé depuis sa tasse, il continua de fixer le petit homme qui lui tenait compagnie à contre cœur. Il le laissait faire, mener la conversation, ce n’était pas dans ses cordes et puis, il était vraiment mignon à chercher un sujet à débattre. Quoi que dans son cas, le guerrier doutait fort que le blond savait débattre. Il semblait volage, dans ses pensées bien entendues. Ça aussi, c’était intéressant d’ailleurs. Pourtant, le sujet que choisit le petit serveur à la tête blanche, surpris franchement le grand homme qui laissait maintenant pendre son bras dans le vide, appuyé sur son genou redressé. Le combat? Il n’avait pas quelques craintes concernant ce sujet? Bah, il était vrai que les yokai ne se battaient pas contre les rubis, il se contentait de les manger. Souriant finalement, la petite conversation innocente, l’amusant finalement, il reprit un peu de thé et observa Amaya avec attention.

« Le combat n’est jamais rude pour un guerrier qui aime son métier. »

Le sens de ses paroles avait quelque chose de plus agressif mais le ton sur lequel il c’était exprimé, n’en portait aucune marque. En fait, Nokosu c’était exprimé avec le même sourire à la bouche, quelque chose d’amusé dans les yeux. Ce n’était donc pas un reproche, simplement un fait. Après tout, il n’y avait qu’un guerrier pour en comprendre un autre, un serveur ne devait pas nécessairement comprendre tout ça. Surtout pas celui là, aussi adorable et alléchant puisse-t-il être. Et puis il y avait toujours ce petit quelque chose qui clochait chez lui et qui incita le brun à avancé un peu, se pliant vers l’avant afin de croisé ce regard rubis, qui le fuyait avec tant d’acharnement. Quel œil le mettait mal à l’aise? Celui qui avait envie de le dévorer, cherchant les meilleurs points pour faire gicler le sang, ou le noir, qui avait une envie insupportable de découvrir l’homme caché derrière la mine innocente. Croisant son regard, il sut quelle envie il avait de lui et c’est sans plus attendre, que l’une des grandes mains du démon, s’abattit sur le poignet du jeune homme. Pas violemment, juste avec assurance, sa poigne de fer ne lui laissant aucun espoir de se libérer sans son consentement.

« Et votre journée, Amaya? »

Quel joli minois, il n’avait pas vue sa sœur depuis quelques jours, encore un caprice de la demoiselle, les grandes reines ne sont pas facile à vivre voyez vous. D’accord, Nokosu aurait pu prendre une autre femme dans son lit, un homme aussi remarquez mais quand on fait la guerre, il ne reste pas toujours de l’énergie pour ce genre de recherche. Sa main tâta gentiment le poignet, par pour décider si le petit homme lui suffirait en vitamine mais bien parce que sa peau avait une douceur appréciable. Son sourire ne s’envola pas un instant, lui conférant cet air à la fois satisfait et taquin, quelque chose de brutal n’arrivant pas à se dissimuler totalement derrière cet air plus calme, plus doux. Peut-être parce que ça ne lui allait pas tien. Sa voix se radoucit aussi alors qu’il relâchait doucement le poignet, humant l’odeur d’Amaya.

« Ce ne doit pas être facile de travailler pour des démons… Je n’aime pas particulièrement ma race vois-tu. Des monstres idiots et trop confiant pour la plupart… C’est pathétique. Mais on te traite bien ici? »

Non pas que ça l’intéresse, en fait ça ne devait pas l’intéressé mais il se découvrait une envie de savoir, d’apercevoir un peu de sa vie. Son existence était paisible ici ou était-ce un enfer? Ça ne changerait pas les habitudes du prince remarquez, on aurait beau lui dire qu’ici les rubis étaient battus durement, qu’il reviendrait. La compassion lui était inconnue, ce qui n’était pas un mal, vue sa position. Sauf que le petit rubis à la tête sucré, l’intéressait et quand Nokosu s’intéressait à quelque chose ou quelqu’un, il pouvait devenir inquiétant. Obsession, possessivité, il gagnait les pires habitudes. Pour le moment, cela dit, il n’en était qu’à la phase de la découverte, il ne dépassait pas souvent ce stade et était normalement déçue, soulagé peut-être même, en découvrant que l’objet de son intérêt, n’avait au final, rien de spécial. Amaya était de ce genre? Il s’inquiétait que non…

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